Alors que les pratiques des journalistes évoluent sans cesse sous l'impulsion des technologies, et que la presse papier est en déclin, il est bon de se replonger dans l'époque où elle vivait son age d'or. C'est avec nostalgie qu'une vingtaine d'anciens journalistes ont remonté le temps, 60 ans en arrière, et mis sur pied une exposition sur ce thème en plein centre de Bruxelles, à la Maison du Folklore et des Traditions. L'occasion de rencontrer son organisateur Eric Demarbaix pour avoir le point de vue d'un ancien journaliste sur l'évolution de la profession.
Un contact social perdu
Faire voyager dans le temps implique forcément de la nostalgie et des regrets, notamment en comparant avec les tendances actuelles. Eric Demarbaix, l'organisateur de l'exposition se souvient :
"A Bruxelles, il y avait non pas un seul pôle de presse comme à Londres, mais trois quartiers très vivants à ce niveau. Boulevard Jacqmain, rues Persil et Marais, rue Royale, tous ces points du centre de Bruxelles était envahis de kiosques à journaux, de cortèges de camions chargés de la presse bruxelloise. Quand on passait en tram devant le journal Le Soir, on pouvait même voir de l’extérieur du bâtiment les rotatives fonctionner et les gens travailler. Ça donnait une vie au quartier, et tout cela est en train de disparaitre."
Moins de kiosques à journaux, une tendance accrue à l'abonnement, autant d'éléments qui dénaturent le contact qui existait entre le lecteur et son éditeur. A l'époque c'était un contact socio-économique, aujourd'hui il est de moins en moins social. "Avant, une grosse partie des lecteurs allaient chez l’éditeur acheter leur journal. Personnellement j’ai un diffuseur de presse a coté de chez moi, donc je continue à m'y rendre et je refuse de m'abonner pour le recevoir chez moi. Mais cette tendance est loin d'être majoritaire".
Le journaliste n'est plus un spécialiste
Le journaliste n'est plus un spécialiste
Au delà de son côté artistique et visuel, cette exposition pose donc une question sous-jacente concernant l'évolution du métier de journaliste, et sur la façon de s'adresser au lectorat. Ce métier qui a un rôle social primordial doit évidemment se réinventer, mais se rappeler de ses racines ne peut que lui être bénéfique.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire